"Les origènes" avec Claude MOLLARD, invité d'honneur, artiste permanent de la Galerie Capazza

J’ai réuni des milliers de photographies de visages par lesquels la nature exprime toute la richesse et la diversité de notre humanité, évoluant entre ses contradictions, entre ombre et lumière, entre beauté et laideur, entre paix et horreur.
Elles constituent l’universalité des Origènes. Car l’évolution des formes de nos visages depuis l’animalité naissante, l’apparition de l’homme primitif, jusqu’à son déploiement sur tous les continents, se retrouve partout avec une singulière constance. Tel visage de la forêt primitive brésilienne est semblable à celui d’un arbre ancien de la Cité interdite de Pékin et se retrouve sur un tronc des jardins de Bagatelle à Paris.
Procéder à ces comparaisons, c’est en définitive rechercher la présence de l’humain dans notre environnement. Car nous sommes faits à son image. La nature est notre mère universelle. Et si nous parvenons à en définir les traits, nous aurons peut-être réussi à mieux comprendre qui nous sommes et vers quoi nous allons.
Je pars d’une chose minérale, végétale ou autre, j’imagine sur tout ou partie de la chose un être-là, lové dans la chose, lui appartenant mais aussi lui échappant, car j’ai reconnu en elle autre chose que la chose : un esprit, à forme humaine, animale ou purement imaginaire. J’ai procédé par analogie.
Ces images qui ne sont pas des œuvres d’art, mais le deviennent par les ressemblances auxquelles elles renvoient dans l’histoire de la culture et dans celle de ma culture, parmi les milliards d’images reconnues par mon cerveau, connues de lui ou repérées par lui, puis stockées dans ce qu’on appelle la mémoire. Cette mémoire passive est activée par la rencontre avec la chose.
Le regard cadré est focalisation et révélation de cette obsession du visage, qui est mon double et mon multiple sans fin.

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