‘On dit parfois que la douleur est nécessaire pour créer. Je pense que la joie est un aussi bon aliment pour le songe. Il y a un mystère du mal sur lequel se sont penchés des milliers de sages et de fous, sans jamais l’éclaircir en rien.
Il y a un autre mystère aussi insondable, celui du bien. L’un nous aveugle par ses ténèbres, l’autre par ses lumières. Nous apprenons très vite à reconnaître la part noircie du cœur de l’homme, cette pesanteur universelle de l’envie et de la cruauté, et nous donnons souvent à la bonté la figure de l’enfance.
Ce n’est pas faux, à condition de ne pas tenir l’enfance dans l’enclos d’un âge. La bonté est la petite enfance de l’humanité. C’est une petite enfance qui ne vieillit pas, qui ne grandit pas, qui ne passe pas, qui revient jouer partout où la confiance ouvre un visage. La bonté est la porte ouverte d’un visage’’.
Christian Bobin, extrait du livre Bobin-Boubat, ‘‘Donne-moi quelque chose qui ne meurt pas’’
‘‘Il me faut acquérir l’état de conscience lié à une totale disponibilité. Le sujet s’impose alors à l’œil. A l’instant de la capture de l'image, je suis devenue le sujet".